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mardi 7 février 2017

Psychopathie - un trouble du développement ?




Nombres d'auteurs ont démontré l'influence de la génétique et l'origine organique des troubles psychopathiques. Cependant, un autre courant explicatif considère que les altérations biologiques ne représentent en partie qu'un terrain prédisposant au développement de la personnalité psychopathique, vers laquelle on peut évoluer suite à divers apprentissages ou événements vécus.

L’internalisation.

C’est un transfert évolutionniste et phylogénétique de mécanismes fonctionnels et régulateurs, du monde externe vers le monde interne de l’organisme. Tous les processus par lesquels le sujet transforme les interactions régulatrices réelles ou imaginaires avec son environnement et les caractéristiques réelles ou imaginaires de son environnement, en règles et caractéristiques internes. Le processus psychopathique est un échec de l’internalisation. Ceux-ci commencent avec méfiance organismique envers l’environnement sensoriperceptif. Cela exprime le désir primitif d’introjecter (l’introjection exprimant un processus par lequel les objets perçus sont internalisés en tant que représentations, tout en continuant à entretenir des relations avec le soi.) l’autre à l’intérieur de soi et de continuer ainsi une relation ou le désir de modifier le soi à travers l’union avec le processus d’indentification.

Le nourrisson s’identifie à l’objet soi étranger, un fantasme préconçu qui aide le nourrisson à anticiper la présence du prédateur dans le monde externe ou de la proie dont l’enfant va devenir le prédateur. Mais sur le processus psychopathique, l’objet-soi étranger est l’internalisation archétypique prédominante du nourrisson. L’objet-soi étranger sera exprimé sur le plan interpersonnel par le comportement asocial du psychopathe adulte inconnu des autres à un niveau intime, mais que l’on craint en raison de l’absence consciente du besoin d’affection et d’attachement avec l’autre.

Dans le processus psychopathique, l’objet-soi étranger s’intègre complètement à l’estime de soi de l’enfant, alors que l’individu limite sans processus psychopathique éprouve l’objet-soi étranger comme une source d’angoisse et de terreur, il le projette sur l’environnement et l’exprime dans des comportements d’angoisse de persécution.

Structure du soi grandiose.

Cette structure est intrinsèquement inconsciente dans le processus psychopathique. La personnalité ne peut pas l’observer, tandis qu’elle peut le faire des représentations qu’il contient. Les représentations de l’objet idéal peuvent être observée mais ne sont pas agents de l’action. L’identification intrapsychique entre le soi idéal et l’objet idéalisé est exprimée sur le plan interpersonnel comme identification à l’agresseur. C’est une identification verrouillée dans le caractère psychopathique comme on le voie en clinique, car un changement risque de provoquer une désidentification et une réactivation de l’objet idéalisé avec une part d’agressivité. Ce sera ressenti comme une menace.

L’attachement.

Le processus psychopathique se cristallise au cours des dernières phases du processus de séparation et d’individualisation. Le processus est marqué par l’échec de la constance de l’objet avec un attachement narcissique primaire.

Willock, en 1986, a désigné par le terme de soi dédaigné un aspect de cette vulnérabilité narcissique de l’enfant et il pensait qu’une grande part de l’agressivité et du comportement antisocial d’un tel enfant pourrait être comprise comme une tentative pour supporter, et se défendre contre, les blessures, l’angoisse et la colère qui sont associés à ce paradigme primitif de relation à l’objet internalisé.

La formation du caractère psychopathique suppose l’absence d’une traversée de la phase de la séparation avec un parent primaire émotionnellement disponible et intrinsèquement étayant. Lorsque l’enfant primaire est physiquement ou émotionnellement sadique, l’enfant va généralement établir un attachement primaire de type sadomasochisme.

Les travaux de D. Lunde portaient sur un petit échantillon de psychopathes sexuels, auteurs de meurtres en séries, montrent l’étroite association trouvée dans l’anamnèse entre violence et érotisme dans la petite enfance.

Dossier réalisé par Yoann Bruneau et Stéphane Desbrosses