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mardi 7 février 2017

Faqs psy - Soigner ses TOCs sans consulter




Par Manue : "J'ai des tocs depuis un certain temps( trop longtemps) et bien que j'essaie de m'en débarrasser je n'y arrive pas! Comment peut on travailler sur ces tocs sans pour autant consulter un psy ou prendre des antidépresseurs?"

Tout d'abord, vous renseigner, comme Manue, sur ce que sont les Tocs, sans omettre de bien comprendre les termes employés : consultez alors notre article sur Les Troubles Obsessionnels-Compulsifs.

Autopsychanalyse?

Bien qu'elle ne soit pas la méthode que j'aime le plus, la méthode psychanalytique est principalement utilisée afin de comprendre en profondeur l'origine des TOC.

Alors bien entendu... ça ne s'improvise pas. Mais plusieurs idées peuvent être reprises afin d'en extraire quelques renseignements qui pourront vous être utiles. je vous conseille dès lors de jeter un oeil sur la partie psychanalyse de ce site, une petite intro vous y attend, qui vous donnera les idées principales de cette discipline. vous trouverez cela ici


La règle d'association libre, est seulement le moyen, par exemple, de livrer son esprit et ses pensées au psychanalyste afin qu'il puisse y avoir un accès relativement "direct". Si vous vous sentez à même de le faire vous-même... plongez dans vos souvenirs, même désagréables. Un conseil : pour rendre le travail de remémoration plus utile, écrivez, quand bien même vous ne montreriez ces écrits à personne, cela vous permettra de poser vos pensées, les disséquez et les préciser. 

N'écrivez pas un texte, plutôt un brouillon n'hésitez pas à rajouter vos pensées dans un paragraphe déjà écrit, et tentez de trouvez les événements qui ont déclenché ces tocs. La première étape vers l'effacement des tocs, du point de vue psychanalytique, est leur compréhension. L'apprentissage de ce que les psys pourraient faire pour vous, également. Puisque vous êtes passé par ici, c'est que vous êtes sur cette voie!

Qui plus est, l'écriture est cathartique lorsque l'on écrit sur soi et ce que l'on ressent - là encore, même si personne ne le lit. Plusieurs études de psychologie positive ont montré les bienfaits de l'écriture sur le bien-être personnel.

Voici également un patron d'étude de cas en psychologie qui pourrait vous aider, repris via l'un des blogs de Psyblogs, dont la consultation peut vous être utile.

Définissez votre objectif et vos dispositions

Le temps peut manquer. Et les buts peuvent être d'atténuer rapidement les symptômes sans pour autant avoir envie de disséquer sa vie et son esprit. En ce cas, la psychanalyse n'est pas exactement la méthode la plus adaptée. En dehors même de tout but, il semble que les thérapies comportementales cognitives soient les plus efficaces à soigner les symptômes des Tocs, qui sont par ailleurs, ce qu'il y'a de plus gênant...

TCC : Thérapies comportementale cognitives

Les TCC ont pour but de modifier, reprogrammer les comportements, ainsi que les pensées qui en sont les bases. Elles visent directement à atténuer ou effacer les comportements à l'origine de gênes ou de souffrance pour le patient.

Les TCC partent du principe selon lequel des comportements problématiques, inadéquats, inadaptés... ont été appris et maintenus dès lors qu'ils apportaient une réponse face au stress et à l'angoisse - réponse qui, temporairement, soulageait, mais qui s'est finalement révélée contrainte et souffrance avec le temps. 

Dès lors, tout le travail consistera à "désapprendre" ces comportements, les modifier, ou s'habituer à la confrontation avec les situations gênantes. Ces thérapies passent en premier lieu par un travail sur soi : la Maîtrise de son angoisse. face à une situation redoutée, le cœur peut s'emballer, une bouffée d'angoisse naît...

La première étape consiste donc à maîtriser son corps. Respirer profondément, sans abus, se relaxer, apprendre à retrouver le calme et inhiber l'angoisse, dans les situations banales, puis, au fil du temps, et progressivement, dans des situations présentant de la gène, ou génératrice d'anxiété.

Concrètement, il s'agit de diminuer le stress quotidien, dans un premier temps, seulement en prenant un peu de temps pour se reposer, se relaxer, réfléchir posément aux situations qui nous posent problème, et à leur réelle valeur. Est-ce que se laver 5 fois les mains est réellement plus efficace que 4 fois?, puis 4, plus que trois? que se passerait-il si je ne le faisais pas?

Dans les rituels de lavage ou de propreté, apprenez à confirmer votre première impression : vous tournez une fois la clé, vous vous stoppez. Vous l'avez tourné, et vous avez fermé votre porte à clé. Vous l'avez fait. rien ne sert de vérifier, lorsque vous avez encore la main sur la clé. Vous pouvez partir, sans vous retourner. Une vérification de plus est inutile, vous vous souvenez que vous avez déjà vérifié, et que vous vous étiez concentré, par ailleurs, afin de ne pas laisser de place au doute. Faites-vous confiance.

Le stress provoqué par des situations angoissantes peut également être atténué. La relaxation vise l'angoisse. la rationalisation (se demander ce qu'il pourrait arriver si on ne faisait pas le rituel, serait-ce réellement si dangereux?) vise à atténuer l'importance des rituels. Maintenant, il faut apprendre à gérer les situations qui vous angoissent, avec plus de sérénité. Vous avez appris à conserver votre calme, choisissez dès lors des situations pour lesquelles vous ressentez une gène modérée. Apprenez à vous y confronter, tout en conservant votre calme et votre sérénité, comme lorsque vous vous relaxiez, au repos. Puis lorsque la situation est maîtrisée, que l'angoisse a disparu et que le rituel n'est en définitive plus nécessaire, visez progressivement les situations que vous redoutiez un peu plus. Cette méthode, dite de désensibilisation systématique, se base sur l'habituation. Ré-Habituez-vous aux comportements normaux, progressivement.

Et l'entourage?

Les tocs sont également épuisants pour l'entourage du patient... Regarder les rituels, les obsessions, tout en constatant son impuissance face à cela, est à la longue très frustrant, et l'on cède souvent à se laisser entraîner dans le toc du conjoint ou de l'ami. Annuler les sorties, les activités... Sans être malveillant, l'entourage ne doit pas rentrer dans l'état d'esprit du patient, ne doit pas s'y plier, montrer l'exemple (se laver les mains en 5 minutes, s'en aller après avoir fermé la porte à clé, tout en disant, si besoin est "j'ai vérifié une fois, c'est suffisant", etc, etc...

Le tocs est un trouble et non une tare, encore moins méritée. Il n'y a pas de notion de honte. Sans le banaliser, il n'est pas mauvais d'en parler à son entourage afin que celui-ci sache à quoi s'en tenir, et lui rappeler qu'il doit continuer à agir normalement.

L'entourage est là pour vous montrer les comportements normaux, la meilleure chose à faire pour eux, est d'agir normalement, sans se laisser emporter par vos troubles.

N'oubliez pas non plus, cependant, que les psys ne sont pas là pour vous ennuyer, que les consultations peuvent parfois être prises en charge, et les modalités financières, adaptées. Un professionnel peut toujours vous être utile, pour le conseil, pour l'orientation, la prise en charge... Qui plus est, l'avis d'un seul psy ou d'un document tel que celui-ci, doivent toujours être accompagnés d'autres sources d'information ;)

Bon courage à tous!